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Projet FEDOME: scientifiques et militaires font le point sur la météo solaire

Mise à jour : 20/10/2011 15:02

Lundi 17 octobre 2011, les acteurs civils et militaires du projet FEDOME se sont réunis à l’institut physique du globe de Paris. L’objectif de cette rencontre, présenter l’avancement du projet initié par un aviateur avec les différents partenaires scientifiques et amateurs.

À deux pas de l’université des sciences et de la médecine de Paris, un bâtiment flambant neuf abrite l’institut physique du globe. Au fond d’un dédale de couloirs, dont les vitres donnent un aperçu sur des laboratoires en tout genre, des scientifiques se sont réunis autour d’une table aux côtés du commandant Olivier Fleury et de l’adjudant Lionel Birée, de la division surveillance de l’espace du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). L’ordre du jour : faire le point sur l’avancement du projet de fédération des données météorologiques de l’espace (FEDOME) avec les différents partenaires. Initié en mars 2010 par l’adjudant Birée, aviateur et astronome amateur, FEDOME est un projet financé par la mission pour le développement de l’innovation participative de la délégation générale de l’armement. «Il vise à centraliser les compétences et à montrer l’intérêt d’un service français d’alerte des évènements métrologiques de l’espace au profit des unités opérationnelles de la Défense», explique l’adjudant Birée. De fait, selon la communauté scientifique, l’activité du soleil a des effets préjudiciables sur les matériels électroniques et les transmissions. «Les sursauts de notre étoile peuvent perturber les détections des radars, dégrader les transmissions de données, interrompre les transmissions radio ou la navigation GPS, endommager ou détruire des satellites et même, provoquer des pannes à bord des aéronefs», détaille l’aviateur astronome.

Si, fort heureusement, aucun accident n’est survenu à la suite d'une forte irruption solaire dans l’armée de l’air jusqu’à aujourd’hui, l'activité de notre étoile a déjà occasionné de nombreux dégâts sur les moyens satellitaires, des ruptures de liaisons radioélectriques haute fréquence durant la guerre du Golfe et des coupures de réseaux électriques dans le grand nord canadien. C’est pourquoi la Défense s’intéresse de très près à ce projet faisant appel aux organismes civils. À l’institut physique du globe, c’est un véritable bouillon de cultures scientifiques. Astronomes, astrophysiciens, chercheurs ou directeurs de recherche au centre national de la recherche scientifique, géophysiciens et ingénieurs de diverses spécialités sont réunis pour plancher ensemble sur FEDOME qui devra répondre au besoin opérationnel des forces armées. Mesurer les phénomènes, anticiper leurs répercussions et diffuser une alerte aux unités opérationnelles sera l’enjeu de cette collaboration entre scientifiques et militaires. «Un projet bien engagé» selon les participants à la réunion qui présentent déjà leurs premiers résultats et les activités à venir dans les prochains mois, avant de mettre en service un premier prototype de FEDOME.

Qu’il s’agisse de la surveillance de l’espace ou de la capacité d’imagerie par satellite, l’armée de l’air est plus que jamais impliquée dans la maîtrise de l’espace. Une responsabilité qu’elle s’est particulièrement vue confier à travers le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale de 2008. Dans cette même dynamique, la division surveillance de l’espace du CDAOA devrait déménager à Lyon, au sein du nouveau centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS), à l’horizon 2014. Elle connaîtra alors une augmentation de ses effectifs afin d’assurer une permanence de l’observation, de l'évaluation de la menace, de l'anticipation de la situation, de la gestion du risque de collisions inter-satellites, de la rentrée atmosphérique et de l'alerte.

Texte: Lieutenant Marianne Jeune

Photo: Adjudant Anthony Jeuland

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