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Opération "Unified Protector" : Naples au cœur de la communication

Mise à jour : 17/06/2011 09:24

Inséré au sein du commandement des forces de l’Otan pour l’opération United Protector, à Naples, en Italie, le lieutenant-colonel Éric Trihoreau, communicant, témoigne de son expérience. Vision d’un aviateur qui a rendez-vous avec la communication opérationnelle.

Bureau des relations publiques de l’opération Unified Protector à Naples, mardi 7 juin 2011.

«Hier, nous avons franchi la barre des 10000 sorties aériennes depuis le début de l’engagement des forces en Libye», annonce le lieutenant-colonel Éric Trihoreau, directeur du centre d’information des médias de l’Otan, à Naples. Dès neuf heures, cet officier de l’armée de l’air, spécialisé dans la communication, transmet au reste de son équipe, constituée de communicants de sept nations différentes, le compte-rendu du briefing matinal. «Mon rôle est avant tout de diriger la cellule de communication et les relations de presse. Nous nous inscrivons dans le cycle des informations internationales en rendant compte chaque jour des activités opérationnelles de la veille, cela laisse le temps d’exploiter les comptes-rendus du terrain et de préserver la sécurité des opérations en cours.», précise-t-il. Au sein de la cellule, Allemands, Britanniques, Canadiens, Espagnols, Français et Italiens des trois armées travaillent de concert. En effet, au Joint Force Command (JFC – commandement des forces interarmées) de l’opération United Protector, les deux mots-clés sont interarmées et interalliés.

La journée-type du bureau de relations publiques commence par une série de briefings entre huit et dix heures. La dernière réunion pour les experts de la communication se déroule à 18 heures. Après le compte-rendu à l’ensemble du service, le personnel prépare l’activité du lendemain ainsi que les communiqués de presse. «Ces jours-ci, la journée s’achève aux alentours des 20 heures pour laisser place à l’équipe de nuit. Cependant, les premiers temps, nous avions un rythme plus intense et nous nous retrouvions fréquemment au bureau après 23 heures, lors de la phase de montage du centre de communication», remarque le chef de la cellule communication.

Dans cet environnement multinational, l’une des principales difficultés est la barrière linguistique. Et cela n’est pas uniquement dû au fait de ne pas parler la langue de Shakespeare couramment, car le personnel inséré ou détaché possède un profil linguistique adapté : la condition sine qua non pour y accéder. Le principal obstacle pour les non initiés est l’existence d’une phraséologie propre à l’Otan. «Dans ce type de structures, nous assistons à l’émergence d’une culture à part avec de nombreux acronymes. Même si nous maîtrisons l’anglais, c’est un peu déroutant au départ et nous passons tous par une phase d’acclimatation, voire d’apprentissage», détaille le lieutenant-colonel (lcl).

Cette mixité de nations favorise des échanges fructueux. Le personnel des différentes nations présentes se rend compte des disparités sur le plan administratif. Chaque nation possédant ses propres avantages et ses inconvénients, il est normal de chercher à les comparer. Des questions comme la solde, les frais de missions, le cursus de carrière et bien d’autres reviennent souvent. Et cette curiosité naturelle entraîne de multiples échanges d’information. «Le personnel des différentes nations venu grossir les rangs du JFC de l’opération United Protector réalise des échanges « concentrés » car il est là pour une période très courte, analyse le lcl Trihoreau. Nous essayons d’apprendre rapidement comment vivent les autres et quelles sont leurs méthodes de travail.» Ainsi, chacun détient sa vision et chacun apporte son expérience pour mettre en œuvre une communication globale sur l’engagement de l’OTAN. Une communication sur l’action des pays contributeurs sans les distinguer. Ensuite chaque nation contributrice déclinera, dans cette communication cadre, les messages sur l’engagement de ses propres moyens.

À la question, d’où viennent les axes de communication retenus à Naples, le lieutenant-colonel répond sans hésiter : «Nous sommes en relation directe avec Bruxelles, qui gère la partie politique de la communication au quartier général de l’Otan. Ici à Naples, nous nous positionnons sur le point de vue opérationnel de la communication.»

Reportage : adjudant Jean-Laurent Nijean

Photos : adjudant Anthony Jeuland

Sources : Armée de l'air
Droits : Armée de l'air

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