«70 ans, c’est à la fois très long et très court!». Ces mots prononcés par le général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), illustrent la vigueur du souvenir du «Normandie-Niemen», en dépit des 70 ans qui se sont écoulés depuis sa création.
Le régiment de chasse 2/30 «Normandie-Niemen» a célébré ses 70 ans d’existence, vendredi 14 septembre 2012, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan. Cette journée de festivités a débuté par une cérémonie militaire chargée d’émotion et de solennité. Cette dernière s’est déroulée en présence de certaines des plus hautes autorités civiles et militaires françaises et russes. Le général Paloméros était accompagné de son homologue russe, le lieutenant-général Viktor Nikolaevitch Bondarev, tandis que M. Alexandre Orlov, ambassadeur de la fédération de Russie en France, faisait partie d’une délégation officielle de haut rang.
Cette cérémonie à la mémoire des glorieux anciens du «Normandie-Niemen» a été l’occasion pour le général Paloméros de remettre les fanions des prestigieuses escadrilles SPA 91, SPA 93 et SPA 37 au personnel du «Normandie-Niemen». Certains des appareils ayant équipé l’unité encadraient les troupes en armes: un Yak3, avion russe de la Seconde Guerre mondiale, un Mirage F1, ainsi qu’un Rafale peint aux couleurs des 70 ans du régiment de chasse. Dans les rangs de la cérémonie se tenaient fièrement certaines figures historiques du «Normandie-Niemen» comme Georges Masurel, 91 ans, mécanicien-avion de novembre 1942 à octobre 1943 lorsque l’unité opérait depuis la base soviétique d’Ivanovo, à 250 km au nord-est de Moscou. Georges Masurel termina le conflit comme pilote au sein des groupes de chasse «Picardie» et «Ardennes».
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«Je souhaite adresser mes remerciements aux anciens du «Normandie-Niemen» présents aujourd’hui, ainsi qu’à leurs familles, a déclaré le général Paloméros à l’issue de la cérémonie. Nous puisons nos racines dans le sacrifice de ceux et celles qui se sont engagés pour la liberté en choisissant de ne pas renoncer à combattre. Nous devons nous inspirer de cet exemple de courage.» «C’est grâce aux sacrifices consentis par le «Normandie-Niemen» que le jour de la Victoire est devenu plus proche», a estimé pour sa part le général Bondarev.
Avec 5240 missions et 273 victoires confirmées, le régiment de chasse «Normandie-Niemen» est l’une des plus prestigieuses unités militaires françaises. Créé le 1erseptembre 1942 par le général de Gaulle pour représenter la France Libre sur le front de l’Est, son épopée durant la Seconde Guerre mondiale constitue une des pages les plus glorieuses de l’histoire de l’armée de l’air.
Le «Normandie-Niemen» reste aujourd’hui l’un des plus puissants symboles de la fraternité d’armes entre la France et la Russie. «Cette unité constitue un trait d’union entre nos deux pays», a estimé le général Paloméros, dévoilant avec son homologue russe de nombreux projets de coopération bilatérale. «Nous réfléchissons actuellement à organiser très prochainement des exercices communs, a confirmé le général Bondarev. Nous souhaitons que ces entraînements s’ancrent dans les traditions de nos forces aériennes. Par ailleurs, nous devrions également multiplier les échanges d’officiers entre les deux pays. »
La journée s’est achevée par une démonstration de la Patrouille de France qui, en l’honneur de la délégation russe, a débuté ses acrobaties par un passage «blanc-bleu-rouge» aux couleurs du drapeau de la Russie.
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Texte: Cne Karim Djemai. Photos: Adj Richard Nicolas-Nelson, Sgc Bastien Sargnon
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