Le 31 juillet, 2011, la transformation des forces françaises du Cap-Vert (FFCV) en éléments français au Sénégal (EFS) entraînera la dissolution de la base aérienne 160 de Dakar. Quelles étaient les missions jusqu’alors réalisées par l’armée de l’air ?
La base devait conduire deux missions principales. Grâce aux moyens aériens dont elle disposait sur place (un C160 et un Fennec), la base réalisait des missions aériennes telles que l’aérotransport de personnel et de matériels, l’avitaillement, les livraisons par air, les posers d’assaut, l’évacuation sanitaire, le sauvetage terrestre, l’hélitreuillage… En tant que BSVIA (base de soutien à vocation interarmées), elle soutenait les organismes interarmées implantés au Sénégal, ainsi que les unités en transit ou en renfort. Il convient également d’indiquer que l’année qui vient de s’écouler a été particulièrement dense en raison d’un contrat opérationnel qui s’est singulièrement renforcé à partir de 2010, des opérations de dissolution de la base sur une courte période et de la manœuvre de création des éléments français au Sénégal dans le même temps. Je voudrais enfin ajouter qu’à plus de 4000 kilomètres de leur pays, nos aviateurs ont fait honneur à l’armée de l’air car leur engagement a été total. À cet égard, on pourrait citer par exemple les opérations menées dans la sous-région, l’accueil de 1400 ressortissants venant de Côte d’Ivoire ou l’exercice multinational Emerald Move dans lequel nous avons été fortement impliqués aux côtés des 5000 militaires présents au Sénégal.
Aujourd’hui, les opérations de fermeture de la base aérienne sont bien avancées. Quel bilan pouvez-vous dresser de cette restructuration ?
La renégociation des accords de défense de 1974 entre la France et le Sénégal, et leur évolution vers un accord de partenariat en matière de coopération militaire ont constitué la clef de voûte de notre action. En effet, les discussions entre les plus hautes autorités politiques des deux pays ont rythmé notre processus de désengagement pour, in fine, nous conduire à mettre en place un calendrier de dissolution dans des délais particulièrement contraints. Au cœur de cette manœuvre complexe, la BA 160 a dû se réorganiser pour soutenir la montée en puissance du GSBDD (groupement de soutien de la base de Défense) local. Nous avons disposé d’une grande autonomie et cela a facilité notre action. Après avoir pris en compte tous les éléments obtenus auprès de bases aériennes ayant été dissoutes, nous avons rapidement établi une stratégie, un plan d’action, des modes opératoires, un rétro-planning, des mesures particulières de prévention des risques et une communication appropriée. Chaque unité a ensuite décliné un calendrier de mise en œuvre qui a été supervisé par mon adjoint et moi-même. La fermeture de la base sur les plans administratif et technico-logistique a nécessité une forte implication en raison des délais particulièrement réduits (10 mois), de l’importance des dissolutions (BA 160, 23e BIMa, totalité des cités domaniales,…), du volume de contraction de notre dispositif au Sénégal (réduction de 75 % du personnel) et de l’éloignement avec la France (manœuvre logistique plus complexe, obligation de trouver des solutions locales,…).
Quel pourcentage d’aviateurs restera-t-il au sein des éléments français au Sénégal (EFS) ? Quelles seront leurs missions ?
Les FFCV vont évoluer vers un pôle de coopération opérationnel des EFS qui sera chargé de concevoir et de conduire une coopération militaire adaptée avec tous les pays de la sous-région. Le format des EFS (300 militaires et 200 civils de recrutement local) sera fortement réduit par rapport à celui des FFCV (1 200 militaires et 400 civils). Sur la période 2011-2012 le format sera toutefois plus important (440 militaires) car il intègre les organes liquidateurs des différentes formations dissoutes et l’équipe de transformation des FFCV. Durant la phase de transition 2011-2012, 110 aviateurs armeront ces différentes structures. À l’été 2012, ils seront une soixantaine au sein du pôle opérationnel de coopération des EFS et ils représenteront environ 20 % des effectifs. La mission de ces hommes et de ces femmes consistera à apporter leur expertise dans le cadre des détachements d’instruction opérationnelle ou technique (DIO/DIT). Ils auront aussi la charge de mener des actions de coopération militaire dans le domaine aérien : vols tactiques, posers d’assaut, protection des bases, incendie, maintenance, logistique, gestion des ressources humaines, etc,… Un beau programme en perspective !