«Ne pas prévoir, c’est déjà gémir disait Léonard de Vinci.» C’est par ce préambule que l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées (CEMA), a débuté l’allocution ponctuant la cérémonie officielle de la création du commandement interarmées de l’espace (CIE). L’événement s’est déroulé le 2 juillet 2010, sur le site de l’École militaire, à Paris, en présence du général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air, du général Gilles Desclaux, commandant la défense aérienne et les opérations aériennes, ainsi que de nombreuses hautes autorités civiles et militaires.
La création du CIE est conforme aux objectifs fixés par le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale. L’amiral Guillaud a ainsi rappelé que «la connaissance et l’anticipation constituant une fonction stratégique à part entière et représentant la première ligne de défense de la France, ses moyens spatiaux occupent une place prépondérante». Le CEMA a également souligné que le CIE, symbole de puissance, attestait d’un niveau scientifique, technique, technologique, industriel et financier. «C’est un instrument de politique étrangère, qui confère à celui qui le maîtrise une autonomie d’appréciation et donc, une autonomie de décision, a-t-il déclaré. C’est aussi un multiplicateur de forces puisqu’il permet de voir plus loin, de décider plus vite et en meilleure connaissance de cause.»
Le CIE est une structure relevant de l’autorité du CEMA, composée de 25 militaires et commandée par un officiel général. Ses missions relèvent de quatre domaines différents : «politique et coopération», «préparation de l’avenir», «emploi et coordination» et maîtrise de l’environnement».
Le rôle du CIE consiste à élaborer et à mettre en œuvre la contribution des forces à la politique spatiale de la France. Il doit identifier les besoins des trois armées, commander les capacités spatiales militaires françaises en service et les coordonner. Il doit également participer à l’élaboration de la formule des coopérations européennes, internationales et multinationales, et enfin, fort de son expertise, il doit conseiller les autorités. «Le CIE ne travaille pas seul, mais son capital d’expertise en fait l’interlocuteur naturel privilégié, précise l’amiral Guillaud. Son action est structurante et va permettre de mieux prendre en compte le fait spatial ainsi que ses limites et ses vulnérabilités.»
Pour écrire le premier chapitre de l’histoire du CIE, c’est un aviateur qui a été choisi afin d'en prendre les rênes, le général Yves Arnaud. Pilote de chasse, il a volé, entre autres, à bord de Mirage III C, de Mirage 2000 puis de Rafale. L’espace est, pour lui, encore une autre aventure exaltante à vivre. «Aujourd’hui est un grand moment, car c’est à la fois une fin et un début, s’enthousiasme-t-il. Nous avons travaillé dix mois sur ce projet, sa création est le fruit de nos efforts et, bien sûr, le début d’une mission dont je mesure le poids et l’importance.» Une mission qu’il souhaite certes au bénéfice des autorités politiques, mais également au bénéfice des forces opérationnelles sur le terrain desquelles il se sent toujours proche.
«Le CIE est le point d’entrée unique de toutes questions sur le spatial, conclut le CEMA. Grâce à lui, nous espérons rester visibles sur la scène européenne, internationale et multinationale, et lisibles dans la politique spatiale générale de la France.»
Texte : Ltt Virginie Gradella
Photos : Adj Olivier Ravenel
|
|
|
|
|
Sources : Sirpa air