Le vendredi 11 novembre 2011, les escadrons de chasse 3/3 « Ardennes » de Nancy et 1/91 « Gascogne » de Saint-Dizier ainsi que l’escadron d’hélicoptères 1/67 « Pyrénées » de Cazaux ont été décorés par le président de la République sur la place de l’Étoile, à Paris, à l’occasion du 93ème anniversaire de l’Armistice de 1918.
Prolongeant la commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale, cette cérémonie officielle a été ponctuée par le ravivage de la flamme sur la tombe du Soldat inconnu abritée sous l’Arc de Triomphe. Elle a également mis à l’honneur les unités engagées en opérations extérieures et plus particulièrement, tous ceux tombés pour la France en Afghanistan, depuis le 11 novembre 2010.
Pas moins de douze unités appartenant à toutes les armées ont ainsi été distinguées à titre collectif. Parmi elles, les trois escadrons de l’armée de l’air, soit quelque 53 aviateurs chacun dans les rangs face au chef des armées, ont été mis à l’honneur pour leur engagement dans l’opération Harmattan, le volet français de l’opération otanienne OUP (Operation Unified Protector-mission protecteur unifié), menée au-dessus de la Libye de mars à octobre 2011. Le président de la République a, tour à tour, accroché sur le fanion, emblème de chaque escadron, la Croix de la valeur militaire avec palme.
Le 3/3 «Ardennes» de Nancy s’est ainsi vu récompensé pour l’action de ses Mirage 2000D dans des missions d’assaut conventionnel (tir d’armement de précision) conduites successivement depuis les bases aériennes de Nancy, de Solenzara, en Corse et enfin, de Souda, en Crète. Le lieutenant-colonel Xavier Jabot, commandant de l’escadron, rend hommage au travail et aux efforts non seulement de son unité, mais également de la base aérienne nancéenne qui ont permis de relever ce challenge opérationnel. «La réactivité dont nous avons fait preuve n’a été possible que grâce à l’ensemble du personnel, dont les mécaniciens, qui s’est mobilisé H24 et en très peu de temps pour faciliter notre mission, raconte-t-il. Le défi de cette montée en puissance était d’autant plus important que notre connaissance du territoire libyen était limitée et qu’il a fallu s’adapter et adopter des procédures de travail différentes.»
L’escadron 1/91 «Gascogne», pour sa part, a joué un rôle prépondérant dans les raids utilisant la munition SCALP. «Grâce à sa polyvalence, le Rafale a pu assurer l’ensemble des missions aériennes, dont 90% des missions SCALP, mais aussi du bombardement guidé laser et de la reconnaissance», explique le lieutenant-colonel Cédric Gaudillière, commandant du 1/91. Et ce, tout en continuant à honorer le contrat de dissuasion nucléaire en métropole. «Harmattan était un baptême du feu pour la plupart des équipages, tient à souligner le lieutenant-colonel. Il était important pour nous tous d’avoir pu poser notre pierre à l’édifice.» Le «Gascogne» a successivement opéré depuis les bases aériennes de Saint-Dizier, Solenzara et Sigonella, en Sicile.
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L’escadron d’hélicoptères 1/67 «Pyrénées», enfin, assurait l’alerte CSAR (Combat Search and Rescue-recherche et sauvetage au combat) au profit des aéronefs de la coalition OUP. Pour cette unité également, ce fut l’heure des premières fois, puisque l’hélicoptère Caracal a successivement embarqué à bord de bâtiments de la marine nationale, soit le porte-avions Charles De Gaulle au début du conflit, puis les bâtiments de projection et de commandement Mistral et Tonnerre à la mi-juillet, se pré positionnant ainsi pour intervenir, en moins de quinze minutes, sur un territoire hostile. Le lieutenant-colonel Fabrice Albrecht, commandant du «Pyrénées», témoigne de l’importance d’une telle opération, suivie d’une telle récompense de la part du chef de l’État et de son gouvernement. Pour recevoir la décoration, il a ainsi choisi un aviateur dont le parcours est pour le moins héroïque. L’adjudant Thierry Pedotti, mécanicien navigant sur Caracal, avait été gravement blessé, en décembre 2009, en Afghanistan. «Son abnégation, son courage et sa détermination à voler à nouveau après un tel accident sont à l’image des valeurs que nous prônons tous au sein de l’armée de l’air, exprime le lieutenant-colonel. Il était donc évident de lui confier ce rôle, empreint d’une telle gravité.»
Les chefs d’escadron ont tous trois témoigné de leur émotion à se trouver sur ce site parisien emblématique, au cœur d’un événement d’une telle envergure, «un moment fort, beaucoup de fierté et l’occasion symbolique de manifester la reconnaissance et l’attachement de la Nation à son armée». Un événement pour lequel sous-officiers et officiers se sont massivement portés volontaires.
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Ces trois unités ne seront cependant pas les seules à être décorées pour leur engagement sur un théâtre d’opérations. D’autres suivront, en présence du chef d’état-major de l’armée de l’air, selon un calendrier échelonné : le groupe de ravitaillement en vol «Bretagne» et l'escadron de chasse «La Fayette» sur la base aérienne d’Istres, le 24 novembre 2011; l’escadron de détection et de contrôle aéroporté «Berry» sur celle d’Avord, le 29 novembre 2011; l’escadron de chasse «Provence» et celui des drones «Belfort» à Saint-Dizier, le 12 décembre 2011. D'autres unités seront décorées en 2012 à des dates programmées ultérieurement.
Le 11 novembre, une date en hommage aux soldats de la Première et Seconde Guerre mondiale, sera désormais également le jour mémoire de tous les «morts pour la France» d’hier, d’aujourd’hui et de demain, la tombe du Soldat inconnu assurant le lien entre toutes les «générations du feu».
Texte: capitaine Virginie Gradella
Photos: adjudant Olivier Ravenel