Avant de défiler samedi 14 juillet 2012 sur la plus belle avenue du monde, les militaires français doivent s’entraîner. Depuis plusieurs semaines, les 667 aviateurs qui défileront pour la fête nationale sur les Champs-Elysées ne cessent de répéter pour être prêts le grand jour. Reportage sur le camp militaire de Satory, près de Versailles, pour leur dernière répétition, deux jours avant le grand défilé à Paris. Stress et tension étaient au rendez-vous.
Le temps est gris et une pluie fine tombe sur le camp de Satory en banlieue parisienne. En dépit du mauvais temps, les sections de militaires sont imperturbables. Le regard est fixe, les pas cadencés, l’ensemble est parfait ! Les aviateurs, qui défileront samedi 14 juillet, s’entraînent pour la dernière fois avant le jour «J».
Cinq sections fouleront le pavé parisien : les élèves de l’École des officiers de l’armée de l’air de Salon-de-Provence, ceux de l’École de formation des sous-officiers de Rochefort (EFSOAA) suivis des élèves de l’École d’enseignement technique de l’armée de l’air de Saintes. Des aviateurs des bases aériennes 115 d’Orange et 133 de Nancy-Ochey représenteront, cette année à Paris, les unités opérationnelles de l’armée de l’air au sol. «Nous n’avons pas le droit à l’erreur samedi, la tension monte un peu plus tous les jours», confie une jeune aviatrice avant de rejoindre ses camarades pour ce dernier entraînement.
Le colonel Olivier Goudal, chef d’état-major des écoles des sous-officiers et des militaires du rang de l’armée de l’air et commandant en second de l’EFSOAA, regarde scrupuleusement chaque geste de ses élèves : «Ils sont prêts pour samedi ! Ils sont tous animés par un bon stress. Je suis fier de défiler à leurs côtés». Et pour cause, le colonel Goudal, en plus d’être le chef des Écoles, a également eu l’honneur de commander au cours de sa carrière l’escadron «Bretagne» aujourd’hui devenu le groupe de ravitaillement en vol basé sur la base aérienne d’Istres. Ce dernier sera mis à l’honneur sur les Champs-Élysées, comme les escadrons de chasse «Normandie-Niemen» et «Île de France», en raison de leur engagement au côté du général de Gaulle en Angleterre. Certaines unités des forces aériennes libres fêtent d’ailleurs leurs 70 ans cette année. Le colonel Goudal ajoute : «Nous sommes fiers de voir défiler ces jeunes dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 23 ans. J’espère que les personnes qui pensent que la nouvelle génération possède peu d’ambition et guère de valeurs changeront d’avis en voyant ses jeunes investis et représentant les valeurs de la France sur les Champs Élysées samedi prochain».
Parmi les centaines d’aviateurs présents à Satory, trois d’entre eux, qui défilent à Paris pour la première fois, ont accepté de se confronter à quelques interviews, deux jours avant de s’élancer sur la plus belle avenue du monde.
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Caporal-chef Laura Leclerc – Élève de l’École d’enseignement technique de l’armée de l’air de Saintes L’aviatrice de 19 ans et tout jeune bachelière va défiler pour la première fois sur les Champs-Élysées. «J’ai décidé de m’engager dans l’armée de l’air après avoir assisté à un meeting, il y a quelques années. Ce qui me plaît le plus dans l’institution, ce sont ses valeurs. Mon rêve : devenir «Choumac» (mécanicien structures) ou bien travailler au sein de l’infrastructure et du bâtiment». Beaucoup d’amis civils du caporal-chef Leclerc lui demandent comment se déroulent ses études : «Lorsque je leur parle de ce que nous faisons à Saintes, ils sont vraiment impressionnés». La jeune militaire, dans une tenue impeccable, avoue avoir été «émue ce matin par les chants militaires. C’était impressionnant. L’entraînement est long mais ça vaut le coup». Ses parents qui habitent en Bretagne seront fixés devant le poste de télévision pour ne pas rater l’événement. "Je n’arrive toujours pas à me rendre compte de ce qu’il va se passer samedi. Je réaliserai sur place je pense !» |
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Sergent Heiuraiterai Nahei – Élève à l’École des sous-officiers de l’armée de l’air de Rochefort À 16 ans, la jeune Tahitienne quitte sa famille et son île pour la France. Son ambition ? Devenir militaire. Elle commence par étudier trois années à l’école d’enseignement technique de l’armée de l’air à Saintes où elle empoche un baccalauréat STI. Elle arrive à se financer un billet d’avion par an pour retrouver sa famille à l’autre bout du monde. Depuis le mois de septembre 2011, la jeune élève poursuit ses études à Rochefort dans la spécialité «Système de détection et traitement d’information». Un peu timide, la jeune aviatrice confie : «Je suis fière de défiler samedi à Paris. L’année dernière le défilé avait mis à l’honneur les Français de l’Outre-mer. Cette année, je souhaite représenter mon école et mon île. Mes parents et toute ma famille vont suivre le défilé en direct de Tahiti. Il sera 21h là-bas. Le stress commence à monter…». |
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Le commandant Lionel Valentin de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey Cet officier sous-contrat, pilote de chasse, a été activé le 1er janvier 2012. Le jeune commandant avoue «être fier de défiler pour la première fois à Paris. C’est un véritable honneur. J’étais le premier volontaire de la base de Nancy». Dans la section du commandant Valentin, vont défiler 115 spécialistes de la base 133 «Commandant Henry Jeandet» : des mécaniciens, des pompiers, des contrôleurs aériens, des pilotes, des navigateurs, des secrétaires, etc. «C’est pour nous l’occasion parfois de se rencontrer pour la première fois et de partager nos expériences et nos métiers, confie l’officier. Les journées sont soutenues mais l’ambiance qui est très studieuse est aussi très conviviale. J’attends le 14 juillet avec impatience, je pourrais me dire : je l’ai fait au moins une fois dans ma carrière militaire… et en plus l’année où j’ai été activé de carrière ! ». |
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