Des officiers, de retour d’Afghanistan ont témoigné de leur expérience sur ce théâtre d’opérations. Face aux élèves-officiers, ils ont insisté sur cette notion complexe à laquelle ils seront confrontés sur le terrain lors de leurs futures missions : commander.
Jeudi 17 mars 2011 dans l’amphi Foch de l’Ecole militaire, une table ronde tenue à l’occasion du SIGEM, a regroupé les élèves-officiers autour du thème « Le commandement en OPEX, l’expérience de l’Afghanistan ».
« Les opérations extérieures sont plus complexes, plus dures et c’est à ces opérations que vous devez vous préparer », avertit le colonel Louis Duhau du Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), le centre nerveux de la chaîne de commandement opérationnelle.
En ouvrant le débat, le colonel Duhau précise que « quelle que soit la voie que vous allez choisir, les opérations sont exigeantes, nous confèrent des droits et nous imposent des devoirs comme l’obéissance ou le sacrifice librement consenti ».
En poursuivant, il a insisté sur la manière de diriger une opération : « c’est la capacité à exercer et à assurer le commandement avec intelligence, force de caractère et force de persuasion. Les conséquences peuvent entraîner la mort, le succès ou l’échec ». « Les opérations en Afghanistan sont les plus exigeantes, c’est une situation permanente de sécurisation ».
A ce propos, le lieutenant Laurent Gonet, chef de section d’infanterie en Afghanistan, témoigne : « Le plus important est de gérer son stress, mais aussi le stress de ses subordonnés. Pour cela il faut connaître parfaitement ses hommes, leur donner des ordres clairs et simples, et montrer l’exemple au combat. »
Le maître mot du commandement reste l’humanité, la finalité étant d’être exigeant avec ses hommes, « mais aussi avec soi-même ».
C’est ce que constate Henri de Malet, étudiant ingénieur en armement à l’Ecole nationale supérieure de techniques avancées Bretagne. « Cette table ronde me montre que la dimension humaine est la base du déploiement dans le théâtre de l’Afghanistan ».
Durant cette table ronde la répartition des engagements militaires en OPEX et leur évolution ont été également abordées. Aujourd’hui, 60% des forces sont déployées en Asie, 31% en Afrique et 29% en Europe. Le cadre d’engagement a changé, il est de plus en plus multinational.
Ce thème fédérateur du « Commandement en OPEX, l’expérience en Afghanistan » a été un moment fort du SIGEM 2011.