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L’Eurocorps, une structure militaire multinationale (Vidéo)

Mise à jour : 06/02/2013 09:28  - Auteur :  Asp. Margaux Thuriot

L’année 2013 est symbolique à bien des égards pour l’Eurocorps. Retour d’une mission d’un an en Afghanistan, vingtième anniversaire, mais aussi cinquantenaire du traité de l’Elysée entre la France et l’Allemagne, les pays qui sont à l’origine de l’Eurocorps. Le 31 janvier 2013, Strasbourg célébrait ces événements. Retour sur une structure militaire unique en son genre.

Strasbourg était en fête, jeudi 31 janvier 2013, pour célébrer la reconstitution de l’Eurocorps, place Broglie, en plein cœur de la ville. Après deux missions en Afghanistan, dont la dernière a pris fin il y a quelques jours à peine, l’Eurocorps fêtait l’épilogue de son engagement. Il soufflait aussi ses bougies. Vingt ans d’existence et d’expérience. Depuis le conseil franco-allemand de La Rochelle qui donna naissance au corps européen, en 1992, celui-ci s’est développé, agrandi, pour devenir une structure militaire multinationale de haut niveau.

« L’Eurocorps, c’est d’abord le témoignage concret de la réconciliation franco-allemande », selon le général de corps d’armée Olivier de Bavinchove, commandant l’Eurocorps.

D’une étape dans le rapprochement entre Français et Allemands, l’Eurocorps est devenu l’un des symboles de la coopération militaire internationale. Sa force, le corps européen la puise justement dans sa multi-nationalité. Pour le général Olivier de Bavinchove, « la multi-nationalité de l’Eurocorps apporte réellement une plus-value exceptionnelle, car il se base sur une préparation en commun des nationalités ».

Ce constat, le commandant de l’Eurocorps le fait en particulier dans le contexte de l’opération en Afghanistan : «Les hommes étaient bien préparés, ils maîtrisent les procédures de l’Otan, mais surtout, ils ont l’habitude de comprendre les différences. Cette capacité a été saluée, notamment dans le cadre des travaux avec les Afghans. »

Après vingt ans d’existence et des missions menées sur des théâtres complexes comme la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo et l’Afghanistan, le corps européen fêtait son retour et ses racines, tout en étant tourné vers l’avenir : « [l’Eurocorps] doit à nouveau se préparer, être prêt à agir si les circonstances l’exigent. C’est ainsi qu’il répondra le mieux aux vœux de ses pères fondateurs : agir pour la paix », conclut-il.

L'Eurocorps : un corps militaire de premier rang, au fonctionnement unique, est intervenu, en vingt ans d’existence, dans le cadre de missions complexes

Composition et fonctionnement de l’Eurocorps

Cinq nations-cadres composent l’Eurocorps : la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne et le Luxembourg. En 2016, la Pologne rejoindra ce groupe de nations. Ce sont ces nations-cadres qui prennent de concert les décisions concernant le fonctionnement et le déploiement de l’Eurocorps. Elles sont regroupées au sein du Comité commun, composé des directeurs politiques des Affaires étrangères de chaque pays, et des chefs d’état-major. 

Le commandement de l’Eurocorps échoit à un général de corps d’armée de chacune des nations-cadres. Il change tous les deux ans. Depuis le 1er juillet 2011, c’est le général de corps d’armée français Olivier de Bavinchove qui commande l’Eurocorps.

Au coté des nations-cadres, des nations associées sont présentes au sein du corps européen. Bénéficiant de moins de postes à l’état-major, elles ne participent pas au processus de décision qui peut aboutir au déploiement de l’Eurocorps. La Grèce, la Turquie, l’Italie, l’Autriche, et bientôt la Roumanie et les Etats-Unis constituent ce groupe.

Son organisation et son fonctionnement, axés sur le mélange des nationalités et sur le travail en commun de ses membres, contribuent à sa singularité.

Une structure de commandement multinationale de premier rang

L’Eurocorps peut être déployé sous l’égide des Nations Unies, de l’OTAN, de l’Union Européenne, ainsi qu’a la demande commune des nations-cadres qui le constituent. Il est capable de participer à la défense des pays membres de l’OTAN, en vertu notamment de l’accord Saceur de 1993. Il peut également participer à des opérations correspondant aux missions dites de Petersberg : missions humanitaires, maintien de la paix, rétablissement de la paix et gestion de crises.

L’état-major de l’Eurocorps correspond aux standards de l’OTAN. Il détient en outre plusieurs certifications qui en font une force multinationale de premier plan et il constitue l’un des corps de réaction rapide de l’Alliance atlantique. D’ailleurs, tous ses membres, à l’exception de l’Autriche, sont des pays membres de l’OTAN.

En 2002, l’Eurocorps a obtenu sa certification en tant que Force à haute disponibilité de l’OTAN (High Readiness Force – HRF), et en 2006, l’Eurocorps a été certifié Force de Réaction de l’OTAN (NATO Reaction Force – NRF).

Missions

En vingt ans d’existence, l’Eurocorps a été déployé à quatre reprises, sur des terrains d’opération toujours complexes. En 1998, l’Eurocorps participe à l’opération de stabilisation de l’OTAN (SFOR), en Bosnie-Herzégovine.

En 2000, l’Eurocorps prend pour la première fois le commandement de la mission KFOR de l’OTAN au Kosovo. En 2004, c’est en Afghanistan que l’Eurocorps prend le commandement d’une mission de l’Alliance, la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Et en janvier 2012, l’Eurocorps reprend le commandement de la FIAS, pour une durée d’un an.

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