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Un marin de haut vol

Mise à jour : 21/06/2012 14:26  - Auteur :  Grégoire Chaumeil

Un marin champion du Monde de parachutisme, l’anecdote a de quoi faire sourire. Jeune maistrancier le second maître Aby découvre le parachutisme freestyle. Depuis, il saute de succès en succès.

C’est l’histoire d’une ascension fulgurante. En six ans et 45 secondes, Yohann Aby s’est emparé du titre de champion du Monde de parachutisme. Six ans d’entraînements, pour permettre à ce second maître de la Marine nationale, parti de rien ou presque, d’accéder à la plus haute marche du podium. 45 secondes de saut en chute libre et un atterrissage en or en compétition internationale. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, en 2004, Yohann ne soupçonnait même pas l’existence du parachutisme freestyle, sa spécialité aujourd’hui. Le freestyle est une discipline artistique de chute libre où un performer exécute des figures acrobatiques, mouvements libres ou imposés par la Fédération internationale de Parachutisme. Une danse du ciel à 300 km/h. Le tout, filmé par un coéquipier caméraman. Les images sont ensuite étudiées par des juges qui notent la technique et l’esthétique du saut.

« La Marine ne se cantonne pas à la pratique de la voile », ose le second maître. Sa voile, Yohann Aby la déploie 4200 mètres au dessus du niveau de la mer, après une chute « en roue libre ». De taille moyenne, larges épaules mais finalement plutôt sec, Yohann est pétri par 10 ans de pratique de la gymnastique artistique : « adolescent, je me suis orienté vers la filière sport étude. Puis je suis rentré en 2007 à l’école de Maistrance de Brest et à l’école interarmées des Sports de Fontainebleau. Je ne suis pas un exemple. J’ai débuté le parachutisme en cherchant une discipline de reconversion après la gymnastique. » Yohann est alors parrainé par Nicolas Arnaud, un des premiers adeptes du parachutisme freestyle. Leur association, la fougue du premier et l’expérience du second, fera l’effet d’un détonateur. A force de pugnacité, Yohann décroche le statut de sportif de haut niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports mais n’obtient pas encore de résultats probants en compétition internationale. Sa première rencontre avec le succès intervient en 2009 en République Tchèque. Cet anonyme de la maigre communauté du parachutisme sportif ravit aux autres compétiteurs la deuxième place en coupe du Monde. Enfin, l’année 2010 est celle de sa consécration : il est champion du monde. L’année suivante, il est successivement vainqueur de la coupe de France, champion d’Europe et vainqueur de la coupe du Monde. « Le saut en freestyle est une discipline où le néophyte évolue rapidement et ses progrès sont immédiatement visibles », justifie-t-il. Et Yohann de reprendre : « Obtenir un titre est un défi, le garder l’est tout autant. Maintenant, je suis l’homme à abattre !  »

Pour ce marin breton que rien n’arrête, pas même le danger que lui fait courir ses acrobaties aériennes, « il faut sans cesse se renouveler dans le style pour inventer de nouvelles figures et tester leur faisabilité dans une chorégraphie millimétrée. » Si les images de ses hautes voltiges ont largement été relayées sur Internet, lui reste discret presque réservé. Déconcertant aussi lorsqu’il avoue qu’il « étudie de nouvelles façons de faire évoluer cette jeune discipline. »

Portrait réalisé en mai 2012 par Grégoire Chaumeil

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