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La deuxième vie du croqueur de feu

Mise à jour : 31/01/2012 17:40  - Auteur :  Aude Le Calvé

Plus de trente-sept ans engagé à la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. A la retraite, le major Blein a rempilé comme réserviste. Il est aujourd’hui dessinateur opérationnel.

La lance à incendie, il l’a maniée presque toute sa vie. Aujourd’hui, c’est à la pointe de ses feutres

qu’il combat les flammes. Le major Patrick Blein est un « croqueur de feu », un dessinateur opérationnel. Quand il arrive sur un sinistre, le feu n’est pas encore éteint. Son travail, c’est de traquer les risques d’explosion et de propagation du feu. « Les informations que je fournis au commandant des opérations de secours complètent celles des équipes de reconnaissance », résume-t-il.

Mission : traquer les risques

En trente-sept ans de service, le major a eu l’occasion d’intervenir sur des opérations de grande ampleur : explosions dans des sous-sols d’immeubles, feux dans des groupes hospitaliers. Et les détails restent bien gravés dans sa mémoire. Le major Blein a gravi tous les échelons : de soldat du feu à chef de groupe opérations dans un état-major de groupement d’incendie, en passant par celui de chef de centre de secours. Aujourd’hui à la retraite dans la région grenobloise, ce Parisien revient douze jours par mois à l’état-major pour effectuer ses périodes de réserve. Disponible alors en permanence, il n’attend que ça : « Décaler » (1).

Patrick Blein a appris le métier auprès du lieutenant-colonel de réserve René Dosne, l’unique croqueur de la Brigade pendant quarante ans. « Il ne s’agit pas de faire de beaux dessins, dit-il en souriant, mais de les réaliser en 3D rapidement, en dix à quinze minutes. » Le trait est simplifié pour faciliter la compréhension : les ombres et les zones sinistrées sont figurées par des couleurs. Un escalier est représenté par un volume, une fenêtre par une flamme. Le rouge signifie le feu.

« Un métier fabuleux »

« Pour pouvoir donner un maximum de renseignements, je me fais une idée des volumes extérieurs d’un site à partir d’un point haut, échelle ou immeuble, explique le major. Ensuite, je détermine de l’intérieur la configuration des locaux en train de brûler. Par analogie avec celle d’un autre étage, à partir du plan réglementairement affiché dans toute construction ou des informations que me fournissent les usagers ou les équipes de reconnaissance. Je recherche l’emplacement des éléments qui favorisent les effets de propagation vers les étages supérieurs et au niveau de l’étage sinistré : gaines techniques, puits de lumière, escaliers ou ascenseurs, conduits de vide-ordures, etc. Car ce qui tue les gens en premier, ce sont les gaz chauds et les fumées. »

« Ce qui me retient, ce sont mes camarades et ce métier fabuleux.  La misère du monde n’est pas de dimension humaine ”, disait Coluche. On n’est pas prêts à l’affronter. En revanche, on la côtoie tous les jours. J’ai fait mienne cette phrase qui résume ce que je fais : pour exercer ce métier ou plutôt vivre cette passion, il faut avoir un moral bien forgé ! »    

    (1) Terme utilisé pour évoquer le départ d'un engin

Portrait réalisé en avril 2011 par Aude Le Calvé

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