Les troupes africaines sont à l’honneur de l’édition 2010 du défilé du 14 Juillet. Pour célébrer le 50e anniversaire de l’indépendance de leur pays, des unités de treize États d’Afrique francophone ouvriront le défilé des troupes à pieds.
Comme à l’accoutumée, c’est le défilé aérien qui entamera les festivités, Patrouille de France en tête. Plusieurs avions emblématiques de l’aéronavale comme le Super Étendard modernisé, le Rafale M ou encore l’Atlantique 2, survoleront la plus belle avenue du monde pour célébrer le centenaire de l’aviation embarquée.
A l'honneur également, les régiments de retour d'Afghanistan, les régiments revenus du Liban (mandat de la FINUL), les marins de l’opération Atalante et les formations ayant participé aux opérations de sauvetage en Haïti après le séisme de janvier 2010.
Ce défilé est aussi l’occasion de plusieurs premières et d’une dernière. Premier défilé pour les soldats du 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP). Ces « invisibles », spécialistes du camouflage et du renseignement, sont plus habitués à éviter les caméras qu’à s’y exposer. Une première également pour les jeunes de la nouvelle École des mousses et pour l'équipe de voltige de l’armée de l’air (EVAA).
Et une dernière en revanche pour l’équipage du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc. Le bâtiment-école des jeunes aspirants de l’école navale a été récemment retiré du service.
Après avoir descendu les Champs-Élysées, les unités participant au défilé rejoindront chacune un arrondissement de Paris ou une ville de la petite couronne, pour participer à l’opération « Les Parisiens et les Franciliens accueillent leurs soldats ».
Le Caporal Gaëtan Legendart appartient au 1er Régiment du Service militaire adapté. En janvier dernier, il a participé à l’opération séisme Haïti 2010, pour venir en secours aux habitants de l’île. Témoignage.
Depuis quand êtes vous au 1er Régiment du Service militaire adapté ?
C’est ma troisième année au 1er Régiment du service militaire adapté (RSMA). Je suis formateur conducteur d’engin, grosse pelles, tractopelle, dans ma section. Ça me plait bien. Ça me permet d’avoir une formation et un métier pour plus tard. C’est mon père, un ancien militaire, qui m’a conseillé d’entrer dans l’armée. J’ai choisi d’intégrer le RSMA.
Quelle a été votre action en Haïti ?
Je suis parti trois fois en Haïti. La première fois, c’était en janvier. Avec mes camarades du 1er RSMA, nous avions comme mission d’aider la population, de monter des tentes – on a monté 250 tentes sur le champ de Mars –, de déblayer les ordures sur la voie publique à l’aide de nos engins de travaux publique, de déblayer des gravats.
La deuxième fois, que j’y suis retourné c’était en février pour recevoir les félicitations du président de la République lors de son déplacement en Haïti. Ça c’est passé à l’ambassade de France. Avec nous, il y avait les marins, les pompiers, la gendarmerie. Le Président a passé en revue les troupes et nous a félicités pour notre action. Ça a été un moment fort pour moi et mes camarades du 1er RSMA.
La troisième fois, nous y sommes allés pour la phase de reconstruction. Il y avait deux sections, la mienne, voirie réseaux divers. Nous avons rétablis l’eau dans le quartier Delmas, poser des canalisations, évacuer les gravats de l’école Béatrice, et déblayer des axes pour faciliter la circulation. L’autre section, les agents d’entretien du bâtiment, ont été chargé de remettre à niveau et de rénover certains bâtiments.
Comment ça s’est passé avec les haïtiens ?
Avec les haïtiens ça c’est très bien passé. Nous parlons à peu près la même langue, le créole, donc nous nous comprenions mutuellement. Parfois on jouait les interprètes avec les autres troupes françaises. Nous avons travaillé dans une bonne entente avec le personnel de la commune de Port-au-Prince. Ils sont devenus des camarades.
Qu’est ce que ça vous fait de défiler sur les champs Elysée pour ce 14 juillet ?
C’est un honneur, une sorte de récompense d’être ici. Cela a été une très grande surprise quand j’ai appris que j’étais choisi pour défiler. C’était inimaginable pour moi de venir à Paris pour défiler. C’est une grande fierté pour moi, mais aussi pour mon père, qui sera le 14 juillet devant sa télé pour me voir défiler.