Face à l’augmentation des tentatives d’intrusion sur les réseaux informatiques du ministère de la défense et des industriels de l’armement détectées depuis le début de l’année, la Direction générale de l’armementdéveloppe ses activités liées à la cyberdéfense.
Afin de soutenir les entités opérationnelles du ministère, la Direction générale de l’armement (DGA) poursuit une montée en puissance de ses moyens d’expertise technique sur le site DGA Maîtrise de l’information de Bruz. Une trentaine d’experts de très haut niveau, spécialisés dans l’analyse et la prévention des attaques informatiques, ont ainsi été recrutés et l’effort se poursuit afin de disposer d’une capacité d’expertise à la hauteur des enjeux majeurs portés par la cyberdéfense.
Une partie de ces ingénieurs, civils ou militaires, intervient directement au profit du Centre d’analyse en lutte informatique défensive (CALID) ou de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Ils analysent les attaques les plus complexes détectées sur les réseaux ainsi que les menaces potentielles les plus dangereuses. L’objectif est double : détecter les nouveaux virus et accélérer la réaction face à ces « armes informatiques ». Une autre partie de ces nouvelles recrues fournit aux Forces des moyens adaptés à leurs besoins opérationnels. Dans ce cadre, des projets visent à équiper les réseaux du ministère de systèmes de détection et de supervision encore plus performants et de mieux connaître l’efficacité réelle des différentes solutions de cyberdéfense.
Protéger les systèmes d’armes
Ce travail est également conduit sur l’ensemble des systèmes d’arme susceptibles d’être la cible de cyberattaques. Pour exemple, les navires de surface modernes fonctionnent grâce à des réseaux informatiques capables de se connecter à Internet, de traiter des informations sensibles, de manœuvrer le bâtiment et de commander son système de combat. Déjà sécurisés, ces réseaux font néanmoins l’objet d’études afin de résister à des attaques encore inconnues à ce jour. Ainsi, des experts de la DGA travaillent sur l’identification de chemins susceptibles de permettre une prise de contrôle de ces systèmes d’information. En parallèle, ils tentent d’améliorer les capacités de détection et de protection en imaginant des parades aux cyberattaques. Les résultats de ces analyses conduisent souvent à identifier de nouvelles fonctions de sécurité ou à renforcer celles qui existent.
Ces nouvelles activités de la DGA s’ajoutent à des travaux initiés de longue date, comme la conception et l’évaluation de produits cryptographiques. Des équipes travaillent avec l’ANSSI sur les successeurs du chiffreur Echinops et du téléphone sécurisé Teorem afin d’offrir aux utilisateurs de l’ensemble des ministères des performances accrues tout en conservant le même niveau d’exigence en termes de sécurité.