Le 15 août 1944, les forces alliées et l’armée française, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny, débarquaient sur les plages provençales pour libérer la France occupée.
La Rédaction vous propose de lire, voir et découvrir quelques moments forts qui ont marqué cette période historique.
Au soir du 15 août 1944, 100 000 soldats alliés ont débarqué en Provence, 10 000 ont été parachutés. 2000 avions de combats et 500 navires de guerres ont été mobilisés pour participer à l’opération Dragoon, nom de code de ce débarquement.
Initialement, les débarquements de Normandie et de Provence devaient avoir lieu le même jour. Si, pour des motifs climatiques, celui de Normandie (opération Overlord) n'est retardé que de quelques jours, l’opération Dragoon est dans premier temps remise en cause. Finalement, elle est reportée au 15 août, faute de matériel et de troupes disponibles avant. Ces deux opérations ont été imaginées dès 1943, lors de la conférence de Québec. Leurs objectifs sont doubles : ouvrir deux fronts en France pour diviser les forces allemandes et soulager le front russe.
En Provence, la 7e armée américaine du général Patch, qui comprend le 6e corps d'armée US, une division aéroportée et l'armée B française vont faire face aux unités de la XIXe armée allemande. Dès leur engagement à terre, les Français passeront sous le seul commandement du général de Lattre de Tassigny.
« Le chef est affamé » Ce message codé à la radio annonce aux forces françaises de l’intérieur (FFI) l’imminence du débarquement. Sur le qui vive depuis la deuxième semaine d’août, l’état-major allemand s’attend à ce qu'il ait lieu sur la riviera italienne. Or, dans la nuit du 14, la flotte alliée, regroupée au large de la Corse, prend la direction des côtes provençales. A 4 h du matin, 5 000 parachutistes sont largués au dessus du Muy et de La Motte qu'ils libèrent. A 8h du matin, les premiers fantassins américains et les commandos français prennent pied sur 70 km de cotes entre Cavalaire et Saint-Raphaël, sur trois zones de plages dont les noms de code sont Alpha, Camel et Delta. Plus tôt, les batteries allemandes des îles de Port-Cros et du Levant ont été neutralisées. Au soir du 15 août, deux têtes de pont sont assurées de part et d'autre de Fréjus. A J+1, le gros de l'effectif américain et français débarque. Dès le 17 août, le général de Lattre de Tassigny installe son poste de commandement dans Cogolin libéré (Alpha).
Stratégie et logistique. Les troupes américaines vont avancer par la haute Provence vers l’Isère et la vallée du Rhône à la poursuite de l’armée allemande qui fait retraite. Les Français doivent prendre les ports de Toulon et de Marseille où les Allemands se sont retranchés. Le général de Lattre veut empêcher l’ennemi de s’organiser mais les débarquements se font lentement. Au lieu d’attendre un regroupement général, de Lattre décide donc d'envoyer vers ces villes les unités au fur et à mesure de leur arrivée à terre.
La prise de Toulon et Marseille. Après plusieurs jours de lutte, Toulon tombe le 23 août. La prise de Marseille est plus difficile. Alors que les combats ont commencé depuis le 23, il faut attendre le 28 août pour que le général allemand, Schaeffer, capitule. La prise de ces ports est capitale car elle va permettre l'arrivée de 900 000 soldats alliés et de 4 millions de tonnes de matériels.
La Provence est libérée « … aujourd’hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif » écrit de Lattre au général de Gaulle le 28 août. A partir de cette date, les hommes du général de Lattre rejoignent les Alliés à la poursuite des Allemands. Petit à petit les villes tombent et, dès septembre, les troupes d’Overlord et de Dragoon se rejoignent en Bourgogne pour marcher sur l’Allemagne.