«En tant que militaire, c’est un honneur pour moi de défiler, mais ce sentiment est bien plus marqué à l’idée d’être sur les Champs-Élysées. Il s’agit d’un événement auquel j’assistais dans mon pays devant mon poste de télévision. Je n’aurais jamais pensé pouvoir y participer un jour», s’exprime un élève officier burkinabé, l’un des cinq stagiaires africains intégrés aux écoles d’officiers de l’armée de l’air (EOAA) de Salon-de-Provence. Vendredi 9 juillet 2010, une délégation de cinq stagiaires africains, encadrée par deux officiers des EOAA, s’est rendue sur la cité de l’air et base aérienne 117 de Balard, à Paris, puis a rejoint le camp de Satory (Versailles) afin de s’entraîner pour le défilé du 14 Juillet.
Cette année, les couleurs de l’Afrique seront représentées lors de ce défilé. Quatorze pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République centrafricaine, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali,Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo) célèbrent, en 2010, le cinquantième anniversaire de leur accession à l’indépendance. Ces pays francophones seront mis à l’honneur à l’occasion de cet événement. À la question concernant la sélection des stagiaires participants au défilé, le colonel Éric Maïni, commandant le groupement de formation initiale d’officiers répond : «Toutes les premières années défilent. Il y a deux blocs principaux qui correspondent à l’École de l’air et à l’École militaire de l’air, rejoints par l’École des commissaires de l’air et par le cours spécial de l’École de l’air (CSEA).» Les stagiaires africains sont fiers de se produire devant leur chef d’État, présents pour l’occasion dans la tribune officielle. «Nos amis et nos familles seront devant leur petit écran, assure un stagiaire du Cameroun. Cela me rend d’autant plus fier de représenter mon pays.»
En application d'accords de Défense bilatéraux datant de 1973, le CSEA est destiné à former des officiers des armées de l'air étrangères. Leur formation est calquée sur celle de la promotion de l’École de l’air admise en même temps qu'eux. L’accession au cours CSEA est le fruit d’une sélection poussée. La concurrence est rude et les places sont rares. Une fois le sésame obtenu, les stagiaires rencontrent deux écueils : le choc culturel et l’éloignement de leur famille. «Le rythme de la scolarité est très dense. C’est le prix à payer pour une formation de cette qualité. Pour réussir notre intégration, nous devons nous mettre au pas !», explique un élève officier commissaire du Cameroun. Les EOAA mettent tout en œuvre pour faciliter l’intégration de ces stagiaires avec les autres élèves officiers. «La politique de l’école est de pousser chacun vers son excellence personnelle, y compris le cours spécial de l’École de l’air. Pour l’armée de l’air, c’est une grande richesse. À terme, nous allons les inclure dans les autres promotions de manière intégrale», annonce le colonel Maïni.
Texte : adjudant Jean-Laurent Nijean