Considéré comme l’un des « pères » de la doctrine de dissuasion nucléaire française, le général Pierre-Marie Gallois est décédé le 23 août 2010 à l’âge de 99 ans. Ce grand stratège, théoricien, penseur a enseigné dans les écoles de guerre en France et à l’étranger. Il était aussi l’auteur d’ouvrages portant sur les questions politiques et de Défense.
Dès l’annonce de la disparition du général Gallois, le ministre de la Défense, Hervé Morin a rendu hommage à un « homme d’engagement au service de la France » mais aussi à « un esprit libre », un « visionnaire qui s’est affirmé (…) comme l’un des grands maîtres d’œuvre de la stratégie de dissuasion nucléaire ».
Né le 29 juin 1911 à Turin (Italie), le général de brigade aérienne Pierre-Marie Galloi
s a commencé sa carrière d’aviateur comme sous-lieutenant en escadrille saharienne à Colomb-Béchar en 1936. Affecté à Alger en 1939, il rejoint Londres en 1943 où il est membre d’un équipage de bombardiers lourds du Bomber Command de la RAF, jusqu’en mars 1945.
Affecté au cabinet du chef de l’état-major de l’armée de l’air, puis à celui du ministre de la Défense, il est notamment à l’origine du premier plan quinquennal de constructions aéronautiques. Nommé au Quartier général du commandement supérieur des forces alliées en Europe (Shape) en tant que membre d’un groupe d’études élaborant les conditions nouvelles de la stratégie liée à l’existence d’armes de destruction massive, il diffuse dès 1953 les notions de « dissuasion proportionnelle » et de la capacité d’intimidation du « faible face au fort ».
Il a enseigné la stratégie nucléaire et les relations internationales à l’École de guerre et dans de multiples écoles étrangères d’enseignement supérieur militaire, notamment celles des États-Unis, du Japon, de Grande-Bretagne et d’Allemagne. Il a aussi enseigné à la Sorbonne et au Collège de France.