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Visite de Jean-Yves Le Drian à Berlin : une rencontre avec son homologue allemand placée sous le signe de la relance de l’Europe de la défense

Mise à jour : 25/06/2012 13:23  - Auteur :  Linda Verhaeghe

Jean-Yves Le Drian a rencontré son homologue allemand, Thomas de Maizière, vendredi 22 juin 2012, avec lequel il s’est entretenu du renforcement de la coopération de défense entre les deux pays. 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Berlin (Allemagne), vendredi 22 juin 2012, pour y rencontrer son homologue allemand, Thomas de Maizière. L’objectif de leur entretien était de redynamiser la relation que partagent la France et l’Allemagne en matière de défense, en particulier en matière d’armement.

Une lettre d’intention a, dans ce sens, déjà été signée entre la Direction générale de l’armement (DGA) et Stéphane Beemelmans, secrétaire d’Etat allemand à la Défense, le 14 juin dernier, relative à certains équipements dans les domaines spatial et le terrestre, ainsi que les aéronefs et les drones.

Les deux ministres ont également convenu d’une initiative politique visant à relancer l’Europe de la défense.

Un déplacement qui s’inscrit en outre dans la perspective du 50anniversaire du Traité de l’Elysée, en janvier prochain. Signé en 1963, par le chancelier Konrad Adenauer et le président Charles de Gaulle, ce traité d’amitié avait alors pour objectif de renforcer les relations entre les deux pays, en initiant des coopérations, notamment dans le domaine de la défense.

La relation entre la France et l’Allemagne constitue depuis une forme unique de coopération bilatérale en Europe, qui les place au cœur de la construction européenne et de sa Politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Une relation d’autant plus incontournable que ces deux pays représentent, avec le Royaume-Uni, les budgets de défense les plus importants en Europe.

De nombreux projets bilatéraux ont ainsi progressivement été mis en place dans ce même domaine de la défense, à l’image de la Brigade franco-allemande, qui constitue sans doute l’initiative la plus emblématique.

La BFA, emblème de la coopération de défense franco-allemande

La Brigade franco-allemande est en effet une unité militaire interarmes binationale, créée en octobre 1989. Composée à ce jour de 6 100 soldats, elle est alternativement commandée par un général français et allemand. Actuellement et depuis juin 2011, c’est le général de brigade Gert-Johannes Hagemann, assisté du colonel Wallerand de Madre, qui en est à la tête.

Sur le plan opérationnel, la BFA est placée sous le commandement du Corps européen lorsqu’elle intervient sous égide de l’Union européenne ou de l’Otan. Elle a déjà été engagée au sein de la Force de stabilisation (SFOR) en Bosnie, entre 1996 et 1997, ainsi que de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan, en 2004. Des unités de la BFA ont en outre été déployées au sein de l’opération Epervier, au Tchad, de la KFOR, au Kosovo, et dans différentes missions au sein d’équipes de liaisons (OMLT) de la FIAS.

Le Corps européen, étape importante d’une politique de défense européenne

Le Corps européen, ou Eurocorps, constitue une étape importante du développement d’une politique européenne de défense. Créé à l’initiative de la France et de l’Allemagne, selon la volonté exprimée par le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl, en 1992, cette structure fête d’ailleurs cette année son 20e anniversaire.

Commandée par le général de corps d’armée Olivier de Bavinchove, depuis juillet 2011, elle constitue aujourd’hui un corps de réaction rapide à disposition de l’Union européenne, de l’Otan, de l’Onu et de l’OSCE, et est actuellement déployée depuis janvier dernier, et pour une année durant, en Afghanistan.

La coopération franco-allemande s’est aussi traduite par l’instauration, en 1988, du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité (CFDAS) et du Conseil ministériel franco-allemand (CMFA). Ils réunissent le président de la République français et la chancelière allemande, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, ainsi que les chefs d’état-major des armées des deux pays tous les six mois (la dernière réunion s’étant déroulée en février 2012). Ces deux organes de consultations sont soutenus par différents comités, commissions et groupes de travail, tels que le groupe d’études Stratégie et désarmement (GESD) et le groupe franco-allemand de coopération militaire (GFACM).

Le transport aérien européen mutualisé au sein d'un commandement commun

Autre initiative commune, le Commandement européen du transport aérien militaire (EATC) est né d’un souhait émis en 1999, concrétisé en 2010, et associe les deux partenaires avec la Belgique et les Pays-Bas, afin de répondre aux besoins croissants de transport aérien dans le cadre des opérations de l’UE et de l’OTAN.

Cette structure, qui gère une flotte de 140 appareils issus des quatre nations (notamment récemment mobilisés pour rapatrier plus d’un millier de ressortissants européens de Libye), constitue un bon exemple de mutualisation des moyens en Europe. C’est d’ailleurs également elle qui gérera la future unité multinationale d’avions de transport A 400M, d’ici environ sept ans.

La coopération entre les deux pays s’exprime enfin dans le domaine de l’armement (autour de l’avion de transport militaire A400M, de l’hélicoptère Tigre, ou encore de l’hélicoptère NH90), mais également des opérations. La France et l’Allemagne constituent des contributeurs essentiels aux missions et opérations civiles et militaires déployées dans le cadre de la gestion des crises de l’Union européenne et de l’Otan : en Afghanistan au Kosovo, au Liban et dans le cadre de l’opération de lutte contre la piraterie maritime Atalante.

Ce déplacement de Jean-Yves Le Drian s’ajoute à une série de rencontres engagées avec ses homologues européens. Au cours du mois de juin, il s’est ainsi déjà entretenu avec les ministres de la Défense danois et italien. Il doit rencontrer son homologue britannique dans les prochaines semaines.

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