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VIGIMER – La lutte contre le terrorisme

Mise à jour : 28/01/2013 15:31  - Auteur :  Nelly MOUSSU

Pour lutter contre la menace terroriste en mer, le ministère de la Défense a mis en œuvre depuis 2003, avec d'autres ministères, un plan d’action de surveillance et d’intervention maritime appelé Vigimer.

Vigimer est la déclinaison spécifique en milieu maritime du plan gouvernemental de vigilance, de prévention et de protection face aux menaces terroristes "Vigipirate". « Mis en place en réaction aux attentats de 2001, ce plan comporte un catalogue de mesures ciblées pour renforcer la posture permanente de sauvegarde maritime,depuis les zones littorales jusqu’en haute mer. Cela passe par le renseignement, la surveillance du trafic, celle des zones sensibles, le suivi des mouvements de certains navires, etc. », indique le capitaine de frégate François Marescaux, adjoint au chef du bureau action de l’Etat en mer (AEM) de l’état-major de la Marine nationale.

En métropole, ces mesures sont activées par le préfet maritime, représentant direct du Premier ministre et coordinateur de l’action en mer des administrations dans sa zone (Atlantique, Manche-Mer du Nord ou Méditerranée). Ainsi, en plus de la Marine nationale, la Gendarmerie, la Douane ou encore les Affaires maritimes, prennent à tour de rôle l’alerte Vigimer, patrouillant pour assurer une surveillance des approches maritimes et renseigner sur la menace. Ils sont complétés par des moyens aéronautiques pour donner de la profondeur à cette surveillance.

« Ces administrations sont complémentaires, chacune apporte ses propres éléments d’appréciation, souligne le capitaine de frégate Marescaux. Ainsi, les Affaires maritimes, qui assurent des responsabilités dans le domaine de la sécurité de la navigation, suivent sous cet angle le trafic maritime aux abords des côtes, disposant à cette fin de données relatives aux navires et à leur fret ; les sémaphores de la Marine surveillent les approches maritimes d’abord sous l’angle de la protection en observant les mouvements des navires ; la Douane, chargée de la lutte contre la fraude et les trafics, balaye la zone à la recherche de comportements suspects. » Les différents centres opérationnels de ces administrations échangent avec celui de la marine les informations récoltées. Placé sous l’autorité du préfet maritime, le centre des opérations maritimes (COM) synthétise toutes ces informations pour définir un niveau de menace terroriste.

La Marine nationale, acteur important de Vigimer

En parallèle à leur mission ou à leur entraînement, des bateaux de la Marine nationale peuvent être placés en alerte Vigimer. Ce fut le cas en janvier dernier pour le bâtiment-école Le Jaguar. « A bord, nous disposons de plusieurs moyens pour faire du renseignement : des jumelles, un GPS, un radar équipé d’un relais AIS (système d’identification automatique des navires)…, détaille le lieutenant de vaisseau Jean-Christophe Chaumery, commandant du Jaguar. On confronte nos observations aux informations répertoriées dans nos bases de données pour voir si elles sont conformes. »

Autre acteur du ministère, le guetteur sémaphorique surveille principalement la navigation commerciale. « Au minimum, on doit connaître la position du bateau, d’où il vient, où il va et avec quel type de cargaison, explique le maître-principal Nicolas Bernard, chef de poste au sémaphore de Saint-Quay- Portrieux. On utilise des jumelles et un radar relié à Spationav, un réseau permettant à tous les sémaphores et au centre des opérations maritimes d’accéder aux informations maritimes en temps réel. » En effet, Spationav répertorie les émissions des balises AIS et des radars émis par tous les navires et les sémaphores.

Quand le risque de menace terroriste est élevé, la dissuasion est intensifiée

Si les mouvements d’un navire semblent suspects, le COM est alerté. Le préfet maritime indique ensuite quel comportement adopter, de l’observation discrète à l’interpellation. « Par exemple, on peut envisager qu’un avion de la Douane détecte un navire dont les mouvements sont douteux. Le centre opérationnel de la Douane contacte alors le COM qui synthétise toutes les informations disponibles auprès des autres acteurs. Si un doute persiste, le préfet peut ordonner à l’un des moyens présents en mer de suivre discrètement le navire voire de l’inspecter », illustre le capitaine de frégate Marescaux.

En prévention, quand le risque de menace terroriste est élevé, la dissuasion est intensifiée en renforçant la présence en mer. Récemment, lors d’un grand événement international, la vigilance a ainsi été plus accrue. « Vigimer est une caisse à outils : selon son degré, on active diverses postures de sécurité, différents moyens de renseignements pour assurer la prévention et la protection de nos intérêts », résume le capitaine de corvette Christophe Monnier, chef du bureau « opérations côtières » au centre des opérations de la Marine pour la zone Atlantique.

Tous acteurs confondus, près de 25 000 heures de mer et 1 300 heures de vol ont été effectuées en 2011 dans le cadre de Vigimer. Pour combien de menaces écartées ? « On ne sait pas ce qu’on a évité, mais tant que ça n’arrive pas, c’est qu’on a réussi notre mission », conclut le capitaine de corvette Monnier. 

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