"Les Forces Spéciales sont de celles qui nous permettront de disposer d'une capacité autonome d'appréciation, d'une capacité d'actions ciblées et d'une capacité de réaction dans l'urgence, partout où nos intérêts le commandent. Ces capacités sont fondamentales", a déclaré Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, pour ouvrir le séminaire "Opérations spéciales", organisé ce mercredi 7 novembre, à Paris, à l'initiative du général de division Christophe Gomart, chef du Commandement des opérations spéciales. Une journée réunissant les meilleurs experts, notamment l'Amiral américain William Mac Raven, Commandant du Special Operations Command, pour analyser le chemin parcouru par le COS depuis sa création et envisager l'avenir de cet organisme.
Cent cinquante experts se sont réunis à Paris ce mercredi 7 Novembre pour un séminaire et trois tables rondes autour des opérations spéciales. Objectif de ces réflexions : revenir sur les différentes opérations menées par les Forces Spéciales depuis la création du Commandement des Opération Spéciales (COS) il y a 20 ans et préparer l'avenir.
Le Ministre de la Défense a rappelé à cette occasion le bien fondé de la création de cette entité, et a salué le professionnalisme, la réactivité et l'adaptation de ces unités "pour agir partout dans le monde".
"Aujourd'hui je tiens à exprimer mon attachement, celui du Président de la République et du Gouvernement, celui des armées, au COS et aux unités qu'il est amené à engager. Vous avez de longue date fait vos preuves, non sans danger ni aléas, parfois au prix de leçons difficiles qu'il ne faut jamais hésiter à analyser pour progresser, pour continuer de jouer plus que jamais un rôle décisif dans nos différents engagements. Je souhaite que l'avenir s'engage sous les meilleurs auspices."
Les unités spéciales, des forces essentielles
Jean-Yves Le Drian a ensuite souligné l'importance du rôle de ces unités spécialisées pour l'avenir : "A l'évidence, les forces spéciales joueront un rôle-clef dans le paysage qui est en train de se dessiner. Je pense en particullier à la fonction stratégique de connaissance et d'anticipation. Le Président de la République a déjà indiqué qu'elle jouerait un rôle central dans le futur modèle d'armée du pays (...) La gamme des menaces actuelles et futures contre lesquelles nous pourrions nous engager est vaste. Nous devons déterminer en quoi les Forces spéciales pourraient contribuer à la prévention ou à l'éradication de ces menaces et quelles conditions sont nécessaires pour le succès de leurs actions. C'est à ces questions que vous répondrez aujourd'hui."
Après avoir redit son soutien "le plus entier aux familles touchées dans leur chair et aux militaires qui souffrent de blessures profondes", il a salué le lien de confiance qui s'est créé entre le COS et les autorités françaises, sous le contrôle du CEMA. "Ce lien est précieux et doit être impérativement entretenu pour justitifer l'autonomie et les moyens consentis à ces unités dans l'accomplissement de leurs missions."
Favoriser les collaborations
Enfin, le ministre de la Défense a incité à poursuivre et favoriser les collaborations avec les forces spéciales des autres pays. De plus, le général Christophe Gomart, commandant le COS, a également encouragé la coopération inter-agences* "indispensable pour proposer la solution militaire la plus adaptée (...) dans un environnement international plus que jamais incertain où l'on ne peut préjuger de la forme des futurs engagements des armées occidentales, où les capacités de résilience de nos nations s'affaiblissent, où la crise financière secoue l'Europe, et dans un contexte national propice aux interrogations. (...) Grâce à cette synergie inter-agences, nos camarades américains, et en particulier l'Amiral Mac Raven, ont pu réussir l'opération Géronimo", nom de code donné à l'opération lancée contre Oussama Ben Laden en 2011.
*la coopération inter-agences : Direction du renseignement militaire (DRM), Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRD), Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN) et Direction de la protection et de la sécurité de défense (DPSD)
Thématiques des trois tables rondes
-Présenter le périmètre d'emploi et d'action des forces spéciales : nouveaux conflits et nouveaux espaces d'action, judiciarisation accrue
-Définir la nécessaire approche globale : forces et faiblesses des approches françaises et alliées et coopérations indispensables au vu du contexte géostratégique actuel
-Définir les nouveaux types de partenariat : intégration de nouvelles compétences et création de nouveaux réseaux spécifiques