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La logique de dissuasion fonctionne-t-elle toujours ?

Mise à jour : 06/07/2010 14:06

Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), a passé au peigne fin l'une des cinq grandes fonctions stratégiques de défense de la France : la dissuasion.

Sous le titre « La logique de dissuasion est-elle universelle ? », rapport réalisé avec le soutien du Centre d'analyse et de prévision (CAP) du ministère des Affaires étrangères et européennes, Bruno Tertrais étudie la validité de la théorie de la dissuasion, et par extension l'avenir de la dissuasion nucléaire.

Le chercheur définit la dissuasion comme « la prévention d'un acte en persuadant l'acteur concerné que les coûts d'une telle action excèdent ses bénéfices ». Cette définition, conforme à celle donnée par le Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale, amène l'auteur à affirmer qu'« il y a sans nul doute une part d'universalité dans la logique de la dissuasion. »

Elle vaut pour tous les êtres dotés de l'instinct de survie et capables de rationaliser le rapport coûts/bénéfices.

L'auteur apporte néanmoins deux nuances à cette réponse.

Celle de la psychologie humaine tout d'abord. En particulier dans les cultures où la dimension idéologique ou spirituelle est dominante. Pour des individus issus de ce type de société, « les coûts », la contrepartie au bénéfice retiré, s'inscrivent dans le processus de combat envisagé pour atteindre l'objectif fixé. Autrement dit, ils sont déjà acceptés comme partie du plan. C'est par exemple le cas des kamikazes, ou martyrs volontaires.

La seconde dimension, qui pourrait mettre en péril le « pari » de la dissuasion, est l'absence de communication ou une perception erronée de la doctrine d'emploi de l'arme nucléaire. S'il semble évident qu'un Etat qui la possède en fera usage pour défendre ses intérêts vitaux, ce que représentent ces derniers peut différer d'un Etat à un autre. Aussi un agresseur pourrait sous-évaluer la réaction de l'autre s'il pense n'avoir menacé qu'un intérêt secondaire. Or le déclenchement du feu nucléaire signifie bien l'échec de la dissuasion.

Myriam Claude

Consulter l'étude sur le site de la Délégation aux affaires stratégiques

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