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L'expo Algérie 1830-1962 sur les planches

Mise à jour : 24/05/2012 15:02  - Auteur :  Barthélemy Gruot

Le musée de l’Armée présente une exposition sur l’Algérie, retraçant la présence militaire française sur la période 1830-1962. Photos, costumes, peintures, croquis, archives audiovisuelles, et également les planches tirées des Carnets d’Orient du dessinateur Jacques Ferrandez. Le créateur de cette série qui relate l’histoire d’une famille de Pieds noirs en Algérie nous livre sa vision de l’exposition et de son travail.

Comment êtes-vous arrivé dans cette aventure ?

Le projet m’a été proposé par le musée de l’Armée par l’intermédiaire de mon éditeur. L’idée était de pouvoir accompagner, avec mes planches des Carnets d’Orient, ce qui est présenté dans l’exposition. J’étais flatté et fier, mais également impressionné par le cadre. Cela fait un peu plus d’un an que l’on travaille sur le projet. Au début, j’ai eu quelques interrogations quant au scénario de l’exposition. Mais, ayant déjà travaillé avec certains des historiens participant à l’exposition, je savais où j’allais. Ensuite les choses ce sont donc faites très naturellement, jusqu’à l’inauguration.

Quelle vision apporte vos planches et quel est le plus pour l’exposition ?

Si j’ai été sollicité, c’est certainement que mes planches, à travers le récit de mes personnages, restituent toute la complexité de cette période 1830-1962. Avec la bande dessinée on peut toucher un plus large public. De plus je me suis toujours évertué à ce que mes récits soient le plus proche possible de la réalité, même si mes personnages sont inventés. Le contexte historique est très important dans mes récits et rigoureusement étudié. Je pense que c’est aussi pour ça que les historiens ont salué mon travail car c’est une porte d’accès à cette période compliquée, difficile et sensible. C’est un sujet sur lequel je travaille depuis plus de 25 ans.

Qu’avez-vous ressenti en visitant cette exposition ?  

Déjà, j’étais très fier ; quand on voit la qualité de l’exposition et de ce qui est présenté, que ce soit les œuvres des peintres du XIXème siècle, les uniformes sur mannequin, la maquette d’Alger au XIXème… ces choses ont été pour moi des sources d’information pour mes histoires, et là je les découvrais en vrai. De voir les éléments réels qui se confrontent à mon travail, pour moi c’est génial, c’est une sorte de mise en abîme inespérée(1).

Que cherchez-vous à montrer dans vos Carnets d’Orient ? A être le plus proche possible de la vérité ?

Éventuellement d’être proche des vérités car c’est une histoire sur laquelle il est difficile de mettre tout le monde d’accord. Peut-être qu’aujourd’hui, après 50 ans, l’idée de cette exposition au musée de l’armée est de pouvoir rapprocher les différents points de vue, d’essayer de montrer les différentes logiques et montrer aussi l’épaisseur de l’histoire. C’est cela qui m’intéresse, c’est la manière dont l’esprit du temps peut évoluer d’une époque à l’autre. C’est ce que j’essaye de retranscrire dans mes histoires en mettant dans mes planches  des proclamations, des journaux, des affiches qui rendent comptent de l’esprit des époques dont je parle.

Pourquoi avoir choisi cette thématique dans votre bande dessinée ?

Je suis moi-même né en Algérie, à Alger, et finalement ça fait bizarre de le dire mais en quelque sorte, je suis un enfant de la guerre. J’imagine que cette histoire-là a dû occuper mes interrogations pour que j’essaye de la comprendre et de la retranscrire à ma manière. Mon mode d’expression, c’est la bande dessinée, et il était évident que je pouvais trouver dans cette histoire-là une nourriture à mes scénarios et à mes images. J’ai fait un travail chronologique, et avec  les dix albums des Carnets d’Orient raconté toute cette période avec le plus de recul possible. Je ne veux pas être le porte-parole de tel ou tel groupe « mémoriel ». J’essaye d’ailleurs d’avoir une grande indépendance d’esprit sur cette période. Je pense que c’est comme ça que je suis arrivé à avoir cette reconnaissance, voire cette consécration ici au musée de l’Armée, car on a estimé que mon travail était assez sérieux pour faire partie de cette exposition.

(1) Procédé consistant à représenter une œuvre dans une œuvre du même type, par exemple en incrustant une image en elle-même

Exposition Algérie 1830-1962

  • avec Jacques Ferrandez
  • du 16 mai au 29 juillet 2012
  • Musée de l'Armée, Hôtel des Invalides
  • 129, rue de Grenelle 75007 Paris

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